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Marché automobile en Algérie: une année blanche inévitable

Le secteur automobile en Algérie fait face à une pénurie de véhicules neufs qui a duré trois ans, balayant au début de chaque année toute lueur d'espoir quant à l'avenir de l'activité automobile. Par ailleurs, la situation actuelle ne montre aucun signe d'apaisement proche de cette crise sans précédent que connait ce secteur sensible et vital. Ainsi, l'année 2022 sera inévitablement une année blanche pour multiples raisons.

La première raison: les textes juridiques liés à l'activité d'importation de voitures neuves

L'absence de textes juridiques, ou le manque de clarté autour des textes disponibles, est l'une des principales raisons contribuant à cette crise. En effet, le dossier d'importation de véhicules neufs en Algérie est toujours coincé entre le cahier des charges actuel et sa "révision" annoncée au début de l'année en cours, cependant, la version révisée du cahier des charges n'a pas été publiée jusqu'à ce jour.

Le Ministère de l'Industrie a rejeté les dossiers des concessionnaires souhaitant exercer cette activité selon le cahier des charges actuel, au même temps on a parlé d'un nouveau cahier des charges qui doit ouvrir à nouveau les portes à l'importation. Ce qui soulève de nombreuses questions sur l'avenir de ce dossier et comment le traiter. Les concessionnaires doivent-ils se soumettre aux conditions du nouveau cahier des charges après sa publication ? Les concessionnaires dont les dossiers ont été rejetés pourront-ils déposer leurs dossiers ? Comment seront traités les dossiers et combien de temps faudra-t-il pour les réétudier ?

Toutes ces questions doivent trouver leurs réponses après la publication des nouveaux textes juridiques, toutefois, même si la publication aura lieu dans un avenir proche, il est impossible que la crise automobile en Algérie trouve une solution au cours de l'année en cours, particulièrement si on a demandé aux concessionnaires de déposer de nouveaux dossiers respectant le nouveau cahier des charges, et si le ministère de l'Industrie doit installer un nouveau comité technique afin d'étudier les dossiers déposés.

Pour simplifier les choses, en supposant qu'on doit attendre au moins deux mois après la publication des textes juridiques pour délivrer le premier agrément, c'est à dire, si les textes seront publiés avant la fin juillet 2022, le premier agrément sera délivré en septembre 2022 - selon le rythme antérieur du ministère en charge de ce dossier - et comme nous l'avons mentionné dans les articles précédents, la délivrance de l'agrément ne signifie pas le lancement direct du processus de l'importation, car le concessionnaire devra, entre autres, importer les unités d'homologation, obtenir la domiciliation bancaire et soumettre les bons de commande au constructeur, ce qui nous amène à l'une des raisons qui conduira inévitablement à retarder le processus de l'importation de voitures en Algérie.

Les crises d'approvisionnement mondiales, le manque de production et les délais de livraison élevés

L'industrie automobile connaît actuellement de nombreuses crises qui ont eu un impact drastique sur la capacité de production, comme la rareté des semi-conducteurs, ce qui a affecté négativement la disponibilité des voitures sur les marchés mondiaux, leurs prix et même les catégories des voitures proposées à la vente.

En effet, selon la société de conseil internationale AlixPartners, la production mondiale de véhicules devra passer de 80 millions de véhicules en 2021 à 79 millions de véhicules en 2022, alors que, selon LMC Automotive, la crise d'approvisionnement en pièces nécessaires à la production automobile va persister jusqu'en 2023, ainsi, la crise du secteur automobile, la rareté des voitures neuves et les délais élevés de livraison, seront maintenus pour un certain temps.

Par exemple, les délais de livraison actuels varient entre 1 à 6 mois, selon la marque et la catégorie de voiture, ici on parle des marchés où les délais de livraison étaient immédiats avec une offre capable de répondre à la demande, contrairement à ce que ces marchés connaissent actuellement avec le manque d'offre et la forte demande.

Ces simples données nous donnent une idée sur l'impact de la crise mondiale sur le processus d'importation de voitures en Algérie, en effet, la production de voitures pour le marché algérien nécessitera un temps plus long que d'habitude, alors qu'un nombre limité de voitures peut être produit, ce qui affectera négativement leur disponibilité en Algérie, et par conséquence, plus du temps perdu avant l'entrée de la première voiture importée, sans parler du temps nécessaire pour la transporter du pays producteur vers l'Algérie, au moins trois mois en calculant le transport après l'envoi du bon de commande au constructeur, et donc ça sera au cours du mois de décembre 2022.

La construction automobile et la nouvelle loi sur l'investissement : un nouveau souffle pour le secteur ?

Par ailleurs, d'une manière séparée de l'activité d'importation de voitures, le gouvernement algérien encourage la création d'une industrie automobile locale, en effet, l'Algérie est en concertation avec des constructeurs automobiles internationaux pour lancer une véritable industrie locale, alors qu' à travers la nouvelle loi sur l' investissement on vise à les motiver à implanter leurs usines en Algérie et à faire appel aux sous-traitants algériens, tout en faisant venir les équipementiers automobiles pour lancer le secteur.

Cette industrie va contribuer à répondre à la demande croissante du marché algérien, cependant, le temps nécessaire à réaliser ces investissements est estimé à un an, selon le ministre de l'industrie, alors on peut dire qu'il ne s'agit pas de la solution la plus rapide pour assurer une disponibilité des voitures en Algérie à court terme, et par conséquence, l'importation représente la solution la plus convenable, mais d'un autre côté, la construction automobile sera la meilleure solution à long terme pour atteindre l'autosuffisance dans ce secteur, avec un équilibre économique approprié.

En espérant que le secteur automobile en Algérie trouve bientôt une solution, les données juridiques et économiques actuellement disponibles affirment que l'année 2022 ne verra pas l'entrée de la première voiture importée en Algérie, plutôt elle sera l'année du début de solution, notamment après la publication des textes juridiques relatifs à ce secteur et la publication de la nouvelle loi sur l'investissement, qui doit ouvrir la porte aux investisseurs dans tous les domaines.

Rédacteur
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